La boite à bulles - librairie de bandes dessinées
   
KLEIST Reinhard
   
 
 
-
  Né en 1970 près de Cologne, Reinhard Kleist entame des études de graphisme et de design et y compose ses premiers récits Lovecraft, Dorian et Les aventures d'un aiguilleur. En 1998, il part 4 mois à New York où il dessine Amerika. En 2006, Reinhard Kleist publie une biographie d'Elvis Presley Elvis, très vite suivie par celle du boxer Harry Haft dans Le Boxer. En 2007, il obtient le Prix de la Foire de Francfort "Sondermann" pour sa biographie en BD de Johnny Cash : Cash - I see a darkness. En 2015, Kleist continue sa lancée dans la biographie en retraçant le destin tragique de l'athlète Samia Yusuf Omar dans Rêve d'Olympe. L'album a déjà reçu, en Allemagne, le Prix LUCHS, décerné par l'hebdomadaire ZEIT, ainsi que le Prix Catholique du meilleur livre pour enfants et jeunes adultes. Il a, par ailleurs, aussi été nominé pour le Prix littéraire des livres pour jeunes adultes, dans la catégorie "histoire vraie".  
 
Liens de l'auteur


Coup de coeur de l'auteur

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

> Rêve d'Olympe




Images bonus



Aucun visuel n'est disponible pour l'instant



Revue de presse
 
Sport et plein air, la revue du sport populaire et de la FSGT - novembre 2016 par Nicolas Kssis

Il arrive que le sport donne d'une manière terrible une résonance particulière a? l'actualité. Aux Jeux olympiques de Pékin, en 2008, la jeune Samia Yusuf Omar, 17 ans, représentait la Somalie. Elle ne pourra continuer sa carrière d'athlète. Revenue dans son pays, les fondamentalistes musulmans qui ont pris le pouvoir, interdisent aux femmes de pratiquer une quelconque activité sportive. Dans l'espoir de participer aux JO de 2012, Samia décide de rejoindre l'Europe. À 20 ans, après un long et pénible parcours, elle va disparaître dans les flots d'une méditerranée devenue cimetière. C'est cette terrible épopée que Reinhard Kleist, un des principaux artisans de la BD allemande, a décidé de mettre en images. Il nous explique pourquoi et comment.

Qu'est-ce qui vous a amené à raconter le destin de Samia ?
Reinhard Kleist : J'ai de?couvert son histoire alors que j'effectuais des recherches sur le net avant un voyage à Palerme (Sicile), où j'avais été invité par un artiste en résidence à l'institut Goethe. Mon idée de départ était d'aboutir à un reportage graphique sur ce qui arrive aux réfugiés en provenance d'Afrique et la Sicile est l'un des premiers endroits où ils de?barquent.
J'ai rencontré certains réfugiés et des personnes qui les aident à Palerme. De plus en plus, l'histoire de Samia s'est imposée dans mon esprit et peu de temps après ce déplacement, je me suis concentré dessus. Je ne voulais pas travailler spécifiquement sur la migration, je voulais juste raconter son histoire, parce que j'étais submergé par son impact et que j'étais impressionné par la force de sa volonté et de son rêve, par ce qu'elle voulait accomplir. Vous avez immédiatement envie qu'elle réussisse. Ce qu'elle n'est pas parvenue à accomplir jette une lumière crue sur ce qui se passe chaque jour en Méditerranée, sur ce qui arrive aux gens qui se rendent en Europe. La plupart d'entre eux se trouve dans des situations désespérées. Cette bande dessinée reste ma tentative de leur donner un visage. Même si elle e?tait une athlète olympique, ce qui la rend évidemment très spéciale, son odyssée en revanche n'a rien d'originale. De tels drames se déroulent tous les jours. Beaucoup d'entre-eux disparaissent dans les eaux.

Comment avez-vous travaillé pour retracer le voyage de Samia ?
Ce fut assez difficile. Tout d'abord, il n'existe pas tellement d'écrits à son sujet et durant une grande partie de son périple, elle était seule. J'ai pu parler à sa soeur Hodan,a? un de ses amis, ainsi qu'à un journaliste : Teresa Krug (je suis extrêmement reconnaissant envers ces deux derniers, je n'aurais pas été capable de faire le livre sans eux). J'ai aussi discuté avec un groupe de Somaliens qui a vécu des expériences similaires. L'un d'eux m'a dit qu'il l'avait croisée brièvement en Libye. Donc, j'ai été finalement en mesure de remplir les espaces vides...
Autre point, je me disais qu'il était compliqué comme "homme blanc" européen, à l'époque âgé de 44 ans, d'adopter le point de vue d'une adolescente de la Somalie. Il fut délicat de trouver le bon ton. J'ai décidé que les différences entre une jeune fille somalienne et une fille européenne ne sont pas si énormes aprés tout. Elles veulent toutes les deux être quelqu'un, poursuivre leurs objectifs et s'amuser. Après, Samia a dû prendre soin des enfants de ses soeurs et elle a dû soutenir sa famille. Elle voulait gagner de l'argent avec son sport, pour le donner a? sa mère et a? ses frères et soeurs. Dans les rares entretiens consultables sur le web, elle parle de l'importance de la course, de ce que cela signifiait pour elle et de son avenir.

Le sport est-il un sujet difficile à traiter en bande- dessinée ?
Pas vraiment. Le sport est avant tout question de mouvement et la bande dessinée s'avère un excellent moyen d'évoquer le mouvement. Dans les Mangas, par exemple vous trouverez presque une série par discipline. Mais, en ce qui me concerne, je m'intéresse d'abord à l'histoire derrière le sport, par exemple, Samia et les migrations, ou, dans le cas d'un précédent ouvrage Le Boxer (Casterman) sur le boxeur Hertzko Haft, de la Shoah, dont il est un des survivants. Pour l'avenir, j'ai en tête le cas d'un boxeur gay aux États-Unis. Il s'agit d'une histoire magnifique sur l'un des plus grands boxeurs de tous les temps et l'une des personnalités les plus fascinantes que j'ai eu à étudier. Sinon, je viens de terminer mon prochain livre consacré au chanteur Nick Cave, qui doit paraitre l'été prochain.