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Entre la violence d'un père et la bienveillance d'un oncle, un adolescent animé d'une rage animale doit apprendre à dompter ses démons et trouver sa place.

Scénario : Melissa Morin
Dessin : Melissa Morin

Fictions
1 volume paru
histoires indépendantes

La presse en parle ...

 
 

"C’est bon je filme, vas-y."
Andréas est connu sur internet sous son pseudo : Tyler D. Dans ses vidéos de tape, comme il les appelle, il se bat contre d’autres adolescents, et fait grimper sa cote de popularité sur les réseaux à chaque nouveau passage à tabac qu’il partage.
Entre une brutalité qui l’habite déjà et le retour au sein du foyer d’un père alcoolique, Andréas va laisser sa colère prendre le dessus et les poings parler pour lui : contre les inconnus, les camarades, les amis.
Une seule lueur d’espoir : un oncle nomade et marginal qui va tout mettre en œuvre pour l’aider à trouver son chemin. Il va tenter de combattre la violence par la bienveillance, et partager ce qui l’a lui-même sauvé au
même âge.

Liste des éditions

Chien hurlant

Chien hurlant

16 févr. 2022
128 pages - 19.0 x 26,5 cm - Couleur
EAN 9782849534113
22,00 €


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ENTRETIEN AVEC MÉLISSA MORIN, LÉNA SAUREL ET MARGUERITTE BOUTROLLE

Trois jeunes autrices qui nous livrent des récits adolescents, dans leur premières œuvres respectives : Chien Hurlant, L’Avis des autres et Fraîche.

Melissa, Léna et Marguerite, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Mélissa Morin : J’ai 33 ans, je viens du Pays basque et j’habite à Paris. Chien Hurlant est mon deuxième livre et mon premier en tant qu’autrice complète.

Léna Saurel : Je suis autrice de bandes dessinées, dessinatrice de presse et je réalise des reportages dessinés dans la région de Grenoble. J'ai étudié le graphisme et la bande dessinée à Paris.

Marguerite Boutrolle : J’ai 27 ans, j’habite dans le Vexin, pas loin de la Normandie. Je partage mon temps entre graphisme, peinture et écriture. Fraîche est mon premier livre.

Pourquoi ce thème de l’adolescence ?

M.M : Je trouve la vulnérabilité adolescente touchante. C’est une période de la vie où chaque interaction peut se transformer en raz-de-marée émotionnel. Je ressens aussi une responsabilité à leur égard, au vu du monde vers lequel la société occidentale se dirige, de la pression politique inhumaine, de l’effondrement des valeurs et des libertés les plus fondamentales, sans parler des enjeux climatiques.

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L.S : L'adolescence est pour moi une période tumultueuse où l'on ne se connaît pas vraiment mais où l'on doit prendre des décisions importantes. Dans ma BD, le personnage principal est un jeune adulte qui a peut-être du mal à le devenir pleinement et c'est la rencontre avec son neveu de 12 ans qui va lui permettre de mûrir.

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M.B : Pour moi, l’adolescence, c’est la fin de l’enfance et le premier grand moment d’émancipation. Il y a une volonté de s’affirmer en même temps qu’un besoin extrême de validation, un double mouvement entre lutte et conformisme. Écrire sur l’adolescence, c’est aussi traiter du premier rapport sexuel. Je l’ai trouvé souvent romancé dans les livres et films, ou montré comme un moment d’exploration fun alors qu’il peut aussi être vécu comme un passage obligé, notamment par les filles. La frontière est mince entre désir et mimétisme.

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Quel est votre rapport personnel à cette histoire ?

M.M : Enfant, mon père passait ses vacances avec son oncle pour échapper à une situation familiale toxique. Ils sillonnaient les routes de France à bord d’un camion de déménagement et il arrivait souvent qu’ils dorment sur les aires d’autoroutes ou en bordure des forêts du Périgord. Son oncle ne se séparait jamais de ses chiennes.

Pour les dresser, il envoyait mon père traverser la forêt la nuit et attendre seul, dans le noir, que les chiennes reniflent sa piste. Il ne le savait pas, mais il s’agissait d’une épreuve initiatique pour forger son caractère et dépasser ses traumatismes.

L.S : Le héros de ma BD a été très inspiré par mon grand frère, qui est un grand timide et j'ai voulu me mettre à sa place, parler d’introversion de manière positive. J'ai aussi voulu parler des standards de la masculinité qui sont impossibles à atteindre et qui nous gâche tous et toutes la vie.

M.B : J’ai inséré des bribes de mon vécu dans cette histoire, mais aussi des choses vues et entendues. Je crois qu’à 14-15 ans, j’aurais aimé avoir accès à un récit qui pointe quelques pièges. Perso, je m’identifiais à des histoires complètement édulcorées et ça ne m’a pas toujours rendu service.

Qu’est-ce qui vous a procuré le plus de satisfaction dans la réalisation de cette BD ?

M.M : Être arrivée à bout des 142 pages que je m’étais fixée est un accomplissement en soi. Mais c’est surtout la découverte que l’histoire a une vie propre et que les personnages connaissent mieux que l’auteur leur destinée : c’était agréable, après avoir dessiné dans le vent de lâcher prise et de me laisser guider jusqu’à la dernière page.

L.S : J'ai adoré passer du temps sur le découpage, lire et relire, enlever et rajouter des cases jusqu'à trouver la bonne rythmique. J'ai aussi adoré faire lire à mes proches et entendre leur propre compréhension de l'histoire. Voir que mon histoire m'échappe et parle différemment à chacun chacune, cela me fait immensément plaisir.

M.B : Sans hésiter, la construction du storyboard et des personnages. C’est une expérience géniale et addictive ! J’ai aussi beaucoup aimé la récolte de témoignages, les lectures théoriques. Ça m'a permis de réfléchir et de déconstruire certaines choses.